“’Encore un bel été qui finit, cet été apparu vers mai”. Ainsi chantait Gerard Cox en 1973. Pour les investisseurs et les amateurs de soleil, l’été 2011 n’a vraiment pas été beau. Et pour être honnête, nous n’avions pas prévu ce krach estival. Au début du mois de mai, nous étions même encore optimistes à l’égard des actions. En juin, on apercevait déjà les ondées et l’on prévoyait un été sombre. Mais la violence des tempêtes nous a tout de même surpris.
Le krach estival : un concours de circonstances
Aux mois de juillet et août, les indices boursiers à travers le monde ont enregistré une baisse de 10% à 20%. La crise de la dette qui s’est étirée sur un mois, avec comme point culminant la diminution de la notation des Etats-Unis et les signes toujours plus évidents d’un ralentissement de la croissance mondiale ont conduit à la capitulation des investisseurs à la fin juillet. Pendant les derniers jours du mois de juillet et pendant la première semaine d’août, le Bel20 a connu sa plus longue chute depuis sa création en 1991 : en onze jours, il a perdu 17%. Durant cette période, on n’hésitait pas à parler de panique parmi les investisseurs. Vendre d’abord, poser les questions ensuite, telle était la devise. Ce qui était caractéristique, c’était aussi la réaction de panique suite à la rumeur selon laquelle la notation de la France allait être revue à la baisse. Rumeur qui par la suite s’est avérée ne reposer sur rien d’ailleurs. Après cette vague de panique, nous avons surtout assisté à des marchés très volatils. Le manque de prise de décision et les querelles entre politiques sur l’approche à avoir portent une responsabilité à cet égard. Il s’avère aujourd’hui que certaines mesures prises par les politiques après la crise du crédit, ont une part de responsabilité dans la forte volatilité.
Par le passé, les compagnies d’assurance avaient d’ordinaire un facteur plus stabilisant. En tant qu’investisseurs à long terme, elles ont pour la plupart constitué leurs positions en actions sur des corrections boursières. En raison de nouvelles règles en matière de capital, telles que Solvency II, les assureurs se sont cependant vus dans l’obligation de se débarrasser autant que possible des placements à risque. L’assureur AXA, par exemple, investissait encore en 2007 pour 20% en actions, alors qu’aujourd’hui, ce pourcentage est encore de 0%. Il est toutefois trop facile d’imputer toutes les erreurs à la génération actuelle de politiques. Nous pouvons en effet faire en sorte, au travers de notre vote, que des partis tels que le Tea Party puissent exercer une pression sur la politique. Un des hauts responsables de ce parti a vu récemment en l’ouragan Irène une punition divine pour le relèvement du plafond de la dette.
Et maintenant …?
Cela ne vous surprendra peut-être pas, mais aujourd’hui, nous sommes assez positifs à l’égard des actions, et ce pour quatre raisons :
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L’inflation semble être contrôlée. Le mois dernier, l’inflation a diminué à l’échelle mondiale, principalement en raison de la baisse des prix énergétiques. Cela peut apporter l’oxygène nécessaire à l’économie et, ce qui est encore plus essentiel, des pays émergents tels que la Chine peuvent de ce fait à nouveau mettre fin à leurs mesures visant à freiner la croissance.
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Des gestionnaires de fonds tels que Carmignac, DWS (tous deux représentés dans notre fonds de fonds Best of World) ont fait savoir qu’ils souhaitaient à nouveau investir dans des actions. Juste avant les mois d’été, ils avaient couvert leurs positions en actions, et avaient ainsi limité les pertes, mais actuellement, ils estiment que c’est moins nécessaire. Le super investisseur Warren Buffet ‘j’aime acheter pendant les soldes’ a, à plusieurs reprises au cours des dernières semaines, fait savoir dans la presse qu’il trouvait les actions très bon marché. Et dans son cas, ce ne sont pas uniquement des mots, puisque son holding a acheté, au cours du second semestre 2011, pour 3,6 milliards d’actions. C’est le montant le plus élevé depuis la fin 2008.
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Un grand nombre d’entreprises (belges) ont au mois d’août revu à la hausse leurs programmes d’achat d’actions. Le fait également que les CEO de ces sociétés aient acheté davantage de leurs actions propres est un signe très positif. D’une part, les CEO belges (notamment de Nyrstar, Picanol, GBL) on acheté au mois d’août plus de 3 millions d’actions propres. Et d’autre part il n’y a eu aucune action de vente. C’est très exceptionnel et cela démontre que ces responsables d’entreprises estiment que leurs actions propres sont bon marché. Et qui d’autre connaît mieux la société que le chef d’entreprise?
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De plus, le principe TINA intervient bien entendu. Ces derniers mois, nous avons vu que l’on se détournait des actions au profit des placements dits ‘sûrs’ tels que l’or et l’argent, les obligations d’Etat allemandes et américaines, et le franc suisse. Un placement en or, en argent ou dans une devise forte n’octroie toutefois aucun coupon ou dividende aux investisseurs. Si vous achetez aujourd’hui 100 grammes d’or, selon moi, l’an prochain, ce sera toujours 100 grammes. En d’autres termes, si le prix n’augmente pas, votre rendement est nul. Et comme ces derniers mois les prix ont monté en flèche en raison de l’énorme demande, cela ne me semble pas être aujourd’hui un bon choix. Nous avons assisté à la même fièvre d’achat dans le cas des obligations d’Etat allemandes et américaines. De ce fait, ces placements enregistrent aujourd’hui un rendement historiquement bas (environ 2%). Le point le plus bas des obligations d’Etat américaines observé précédemment date d’ailleurs du début 2009. Juste avant que les Bourses n’entament une reprise spectaculaire.
Sur base des arguments ci-dessus, nous vous conseillons donc de ne pas vendre aujourd’hui. Au contraire, si votre portefeuille de placement contient aujourd’hui peu ou pas d’actions, nous vous conseillons d’acheter. Faite-le en une fois, mais par exemple tous les mois, par le biais d’un petit montant. La forte volatilité ne peut alors jouer qu’en votre faveur.
Le hit-parade ci-dessous n’est aujourd’hui pas très brillant. Peut-être qu’en le parcourant vous pouvez entonner les paroles de la chanson de Gerard Cox. Nous avons, pour l’occasion, quelque peu adapté le texte.
’Encore un bel été qui finit,
La crise, apparue vers mai,
Ah, on pensait qu’elle ne finirait jamais,
Mais pour autant qu’on sache, toute cette crise est derrière,
Hit-parade des fonds septembre 2011
| Nom du fonds |
Valeur unitaire au 1er septembre
|
Rendement sur 1 mois |
Rendement en 2011 |
| Eurozone Government Fund |
10,07 |
1,72% |
1,51% |
| Secure Future |
8,95 |
-1,76% |
0,45% |
| European Bonds |
38,18 |
0,63% |
-0,26% |
| MSCI USA |
1.165,91 |
-5,37% |
-2,92% |
| European Growth |
54,27 |
0,11% |
-4,99% |
| MSCI World |
1.211,22 |
-6,63% |
-5,38% |
| Best of World |
11,49 |
-6,66% |
-9,10% |
| MSCI Emerging Markets |
1.033,15 |
-9,97% |
-10,27% |
| Ulmus Invest European Equities |
60,52 |
-8,75% |
-11,69% |
| Bel 20 |
2.267,58 |
-4,57% |
-12,05% |
| MSCI Europe |
82,15 |
-9,35% |
-13,87% |
| Golden Future |
11,99 |
-10,32% |
-15,68% |
| German Equities |
82,75 |
-17,00% |
-17,26% |
| Dynamic Future |
4,91 |
-14,01% |
-18,57% |
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